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Bongo, le temps des adieux

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01/08/2009

Exercer le pouvoir est un art difficile, soumis, en outre, aux aléas du jugement de l’Histoire. Que retiendra la postérité de Napoléon ? Son goût du faste – ou le Code Civil ? À ce que l’on peut voir deux siècles plus tard, ces deux facettes, parmi tant d’autres, ont trouvé leur place dans la mémoire de l’Occident. Il n’en reste pas moins vrai que le «Code Napoléon», ouvrage véritablement révolutionnaire, qui a façonné les rapports sociaux d’une vaste partie du monde, pèse de tout son poids dans notre appréciation de cette figure marquante et complexe.
Encore a-t-il fallu alimenter extensivement le grand tamis de l’Histoire, sans exclusive ni parti pris. Consigner avec le même soin le grandiose et le médiocre, le progrès et le recul, l’ombre et la lumière. Sur le parchemin de l’inventaire napoléonien figurent tout autant ses gigantesques campagnes militaires à la conquête de l’Europe (et, accessoirement, de l’Amérique) et la tyrannie du fossoyeur de la République qui s’était fait sacrer empereur, brisant bien des acquis de la Révolution française, notamment par le rétablissement de l’esclavage dans les colonies. Bien enregistrés sont aussi les acquis inédits de sa réforme des institutions et l’impact de sa vision architecturale sur la physionomie universellement appréciée de la capitale française. Préludes à la presse «people» d’aujourd’hui, les gazettes n’étaient pas en reste, non plus, qui décrivaient par le menu ses abondants démêlés sentimentaux…
Du président Omar Bongo Ondimba, en quarante ans de vie politique, la chronique semble n’avoir retenu qu’une chose : la taille de son patrimoine immobilier en France. La question, à forte charge symbolique, surgit à intervalles réguliers dans les médias de cette partie du globe et en vient, aux yeux de certains, à incarner celui qu’on surnomme « le Doyen » en Afrique. Il ne s’agit nullement d’approuver les excès et l’utilisation inappropriée des ressources, surtout dans le contexte de pays peinant à se développer. Dans le cas du président gabonais, le juger par ce seul critère serait un non-sens historique. Le droit d’inventaire étant précédé par le devoir de l’établir, il s’agit avant tout de verser au dossier d’autres éléments d’appréciation pour le tribunal de l’opinion.
Il est assez inexplicable que l’action durable du président gabonais en faveur de la paix régionale ait ici aussi peu d’écho, alors qu’elle a abouti à faire de Libreville le point de convergence des acteurs de tous les conflits majeurs de ces dernières décennies,